Grève illimitée à l’Hôpital Nord-Franche-Comté : appel à rassemblement au personnel et usagers

(photo ToutMontbeliard.com)

L’intersyndicale CFDT, CGT, CNI et FO de l’Hôpital Nord Franche Comté (HNFC) appelle à un rassemblement au personnel et usagers ce vendredi 14 février 2020 à 13h30 :

Dans le cadre du préavis de grève illimité concernant l’ensemble de l’hôpital (notre info du 26/09/2020), l’intersyndicale CFDT, CGT, CNI et FO de l’Hôpital Nord Franche Comté (HNFC), appelle les personnels et les usagers à se rassembler le vendredi 14 février 2020, jour symbolique de la Saint-Valentin, sur le parvis de l’HNFC à partir de 13h30 et jusqu’à 15h00, où badges, pétitions, prises de parole seront proposés.

Cette action s’inscrit dans le cadre de la journée d’action nationale (syndicats, collectifs, associations) pour défendre l’Hôpital public. Nous voulons dire que nous avons le cœur brisé par la situation actuelle de la santé dans notre pays et plus particulièrement celle de notre hôpital. L’intersyndicale souhaite partager sa crainte que ce contexte ne soit que les prémices de la disparition de notre service public hospitalier auquel nous tenons tant. Après de longs mois de grève, le constat est de plus en plus affligeant. Les mesures annoncées par le gouvernement ne changent rien au quotidien des personnels sur le terrain. En effet, il s’agit de mesures sur le long terme alors que la situation nécessite un plan d’urgence à la hauteur des besoins. Il faut une réelle prise de conscience des pouvoirs publics de l’orientation que prend le système de santé. Les conditions de travail et de prise en charge se dégradent rapidement et inexorablement. Ils ne pourront plus longtemps s’appuyer sur le sens du sacrifice des personnels car ce dernier rempart est en train de céder. L’hôpital est de moins en moins attractif pour les professionnels.

Comment faire son métier quand les moyens qui sont donnés ne permettent plus de l’exercer en accord avec ses valeurs ? Le temps est compté, pour chaque acte à effectuer, les ressources humaines et matérielles manquent. Il est encore et toujours demandé aux agents de faire plus d’efforts. On exige d’eux de venir combler les absences de plus en plus nombreuses, d’être mobilisables à outrance et de passer d’un site à l’autre et d’un service à l’autre sans pour autant être formé aux spécificités du service. Et tout cela bien sûr de jour comme de nuit avec un rythme irrégulier et des plannings modifiés au fil de l’eau avec lesquels il faut composer pour gérer sa vie personnelle. Ce cocktail détonnant aboutit à des agents épuisés, résignés et à un absentéisme grandissant. Toutes les catégories de personnel sont concernées. Secrétaires médicales, médico-techniques, ouvriers, brancardiers, infirmiers, aides-soignants, ASH…Tous ces métiers sont au service de l’hôpital et des patients et tous ces personnels voient leurs compétences malmenées, leurs conditions de travail se dégrader et leurs motivations décroître.

Comment prendre en soin des patients dignement dans de telles conditions ? Nous tirons la sonnette d’alarme depuis maintenant 7 mois et demi sans que nos revendications ne soient entendues. L’hôpital public et plus largement la santé sont délaissés. On leur demande sans cesse de faire des économies tout en faisant du profit. A qui bénéficie-t-il ? Pas aux agents sur le terrain en tout cas ! Ni même aux malades qui doivent eux aussi être soignés avec un minimum de personnel débordé. Les sacrifices des agents sont vains, ils ne sont ni récompensés ni reconnus. Le mal être grandit et génère une grande inquiétude. L’épuisement professionnel est maintenant devenu banal et n’est pas reconnu. Qu’attendent les pouvoirs publics pour réagir ? Un drame ? Il est quand même alarmant de ne pas prendre soin de ces femmes et de ces hommes dévoués au quotidien à la prise en charge des patients !

Les conditions d’exercice de nos métiers ne donnent plus envie aux jeunes de se former. Les candidats manquent, certains postes ne sont pas pourvus tandis que la population vieillit et que les maladies chroniques sont de plus en plus nombreuses. Les jeunes diplômés, après quelques mois d’exercice quittent le secteur de la santé. Ils ne s’y retrouvent pas. Il est urgent de reconnaître l’investissement de tous ces personnels, d’augmenter les salaires de tous les professionnels hospitaliers soignants et non soignants et de donner les moyens à l’hôpital public de soigner dignement les patients. Ce n’est pas une prime attribuée à quelques-uns qui réglera le problème. Le personnel de santé hospitalier français est l’un des plus mal payé en Europe. En 2015, la rémunération était parmi les plus faibles des 29 pays membres de l’organisation internationale d’études économiques. Le budget dédié aux établissements de soins (ONDAM) doit être revu à la hausse pour correspondre au prévisionnel de dépenses de santé afin de répondre aux besoins de la population. Une décision politique s’impose ! Les personnels hospitaliers sont limités dans leur droit de grève puisqu’ils sont pour partie, assignés pour répondre à l’obligation de service minimum. Professionnels et usagers, nous sommes tous concernés par l’avenir du service public hospitalier. L’intersyndicale fait appel à la mobilisation de tous et vous donne rendez-vous le 14 février 2020 à 13h30 devant l’Hôpital à Trévenans pour ensemble exprimer notre soutien aux personnels des établissements de santé“.