Lettre ouverte du collectif NotreAggl’EAU à Charles Demouge, Président de Pays de Montbéliard Agglomération

Le collectif NotreAggl’EAU, se définissant comme un collectif réunissant des femmes et des hommes du Pays de Montbéliard, simples citoyens ou venant d’horizons divers comme associations (Les Usagers de l’Eau, Alternatiba, collectif ‘Du champ à l’assiette’…), syndicats, partis politiques… a envoyé une lettre ouverte à Charles Demouge, Président de Pays de Montbéliard Agglomération, ce mercredi 21 novembre 2018 :

M. le Président,

Vous avez dit « banco » pour la proposition d’États Généraux de l’Eau (États GénérEaux…) que nous avions faite via notre pétition de la fin d’été 2018. Allons-y : quelle date fixer pour ces États Généraux qui décidément font consensus (et, comme vous, nous nous en félicitons) ? Nous avons bien noté le rendez-vous du 28 novembre 2018, date d’une table-ronde organisée par le Conseil de développement de Montbéliard-Agglomération (Codev), à laquelle nous nous réjouissons de participer et qui a toutes les chances de constituer un excellent préambule aux États GénérEaux.

Quelle gouvernance pour la gestion publique de l’eau sur notre territoire PMA 72 communes et au-delà ? Quel rôle pour les citoyens en appui des élus et des services publics ? Au-delà de la question centrale « Régie Publique » versus « Délégation de Service Public », sur laquelle l’assemblée que vous présidez a décidé de trancher globalement dès septembre 2019 – ce que nous regrettons, tant ce calendrier nous semble déraisonnable et inutilement forcé -, nous pensons souhaitable la rédaction d’un document (cahier des charges citoyen) qui guiderait, accompagnerait le travail, sur le court, le moyen et le long terme…

Voici du reste quelques exemples de dEAUléances que pour notre part nous verrions bien figurer dans ce futur cahier des Etats GénérEaux que nous appelons de nos vœux :

Concernant la ressource « Eau potable », sa quantité et sa qualité. Où en sommes-nous de la résolution du problème de la dépendance à la ressource unique de Mathay – par prélèvement dans le Doubs qui plus est, cette rivière que ‘Temps Présent’, l’emblématique émission de la télévision suisse, qualifiait dès 2016 de « rivière à l’agonie » ? (Et c’était bien avant les problèmes de sécheresse de 2018… ). Où en sommes-nous des traitements que nous avons à faire subir à cette eau pour la potabiliser ? État des lieux : aluminium, charbons actifs, ozonation, autres… Quels sont les micro-polluants organiques que nous traitons et ceux que nous ne traitons pas ? Quid des métaux lourds accumulés dans les limons du barrage en amont de la station de Mathay, barrage menaçant de rompre, a-t-on appris dernièrement ? Etc. Quelles relations avec Pontarlier, Morteau, nos voisins suisses… Belfort… ? Voyons-nous assez large ? (tenons-nous suffisamment compte
de ces incitations de l’Agence de l’eau : « Il faut se placer dans un cadre collectif sur le plan de la gestion de la ressource en eau, réunir tous les acteurs consommateurs d’eau d’un territoire. Ces solutions reposent sur deux choses : d’abord une connaissance et un respect du milieu aquatique, ensuite un débat collectif pour trouver des solutions adaptées à ce territoire », citation du Directeur de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerrannée-Corse, d’octobre dernier, dans une interview à L’Est Républicain.

Concernant les réseaux (adduction ET assainissement). Quel bilan de l’investissement de maintenance et de développement des réseaux depuis 30 ans ? Quelle comparaison avec des voisins en train de nous rejoindre, ceux de Pont-de-Roide notamment ? Sur quelles données l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage en cours fonde-t-elle ses analyses actuelles ? Celles-ci sont-elles de qualité suffisante ?

Concernant l’utilisation de l’Eau et son retour au milieu naturel après utilisation. Encourageons-nous suffisamment un usage raisonné et économe de l’eau ? Comment pouvons-nous progresser dans ce domaine ? Le taux de traitement des eaux usées avant rejet est selon des sources concordantes inférieur à 50 %. Ce chiffre « tragique » est-il exact ? Comment redresser la situation, aussi vite que possible ?

Gouvernance et gestion participative de la ressource Eau sur notre territoire et ses environs. Le prix du m3 facturé à l’usager semble être mis en avant comme critère de décision essentiel. N’est-ce pas réducteur ? On entend aussi beaucoup parler de « rapport qualité/prix » : comment définira-t-on ce « rapport », précisément ? Quelle information des usagers/clients/citoyens ? Un tableau de bord agrégeant les indicateurs en lien avec les différents points évoqués ici serait le très bienvenu.

Au plaisir d’échanger avec vous sur cette organisation des Etats GénérEaux…
Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, M. le président, l’expression de nos sentiments les meilleurs.
Le collectif NotreAggl’EAU“.