Vincent Adami : “le 17 novembre dans le Pays de Montbéliard mobilisons-nous”

Vincent Adami (photo Vincent Adami)

Vincent Adami, Conseiller municipal PCF/Front de gauche de la Ville d’Audincourt, s’exprime sur la mobilisation du 17 novembre 2018 concernant l’augmentation du prix du carburant :

Augmentation du carburant, du gaz, du fioul domestique, un coup de massue supplémentaire pour le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires ! Ce mauvais coup, on le doit bien sûr en partie à la hausse du pétrole, mais pas seulement. “En même temps”, comme on dit en Macronie, le Gouvernement s’est empressé d’augmenter la Taxe Intérieure sur la Consommation de Produits Energétiques, la désormais fameuse TICPE. Et il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère : +7,6 centimes pour le prix du litre de gazole et +3,9 centimes pour le litre de super. Et ce n’est pas fini, puisque le projet de loi de finances 2019 prévoit une nouvelle hausse au 1er janvier : +6,5 centimes sur le diesel et 2,9 centimes pour le super. Le faux nez écologique. Pour justifier un tel matraquage, le Gouvernement se drape sans honte dans la vertu écologique. A chaque interpellation des Français, il répond que l’argent “sert la transition écologique”. Si seulement c’était vrai ! En 2019, la TICPE devrait rapporter 37 milliards d’Euros. Une coquette somme de laquelle seulement un peu moins de 8,5 milliards seront prélevés pour financer les énergies renouvelables et les infrastructures de des transports. Soit un petit 19% du total des recettes ! Le reste ? Il sert principalement à boucler le budget et à financer les généreux cadeaux fiscaux aux plus fortunés et aux grandes entreprises (ISF, CICE etc).

Pour beaucoup, la note est salée. L’augmentation des taxes d’ici 2022 représentera un coût supplémentaire pour les ménages de 240 € par an et même 370 € pour ceux qui parcourent plus
de 20 000 kilomètres annuels. Comment croire que les Français vont massivement acquérir des véhicules électriques, voire hybrides, encore bien trop coûteux malgré les primes à la casse avec des salaires qui stagnent et des pensions qui baissent. Cette hausse indifférenciée du prix des carburants est totalement injuste. Les plus riches, peu préoccupés de lâcher quelques Euros de plus à la pompe, gardent intact leur droit de polluer au volant de leur luxueuse berline. Pour les autres, c’est-à-dire l’immense majorité d’entre nous, le passage à la caisse est aussi douloureux qu’inévitable. 8,3 millions d’automobilistes n’ont pas de solution alternative pour aller travailler. Au lieu de taxer l’essence, nous avons besoin de moyens financiers pour investir dans des transports en commun (TER, bus) moins chers voir gratuits, de rendre beaucoup moins cher les véhicules non polluants, de développer le train et le fret, d’investir dans la rénovation des logements, de relocaliser nos usines en France plutôt que d’importer via des porte conteneur hyper polluant… Bref les propositions existent mais elles exigent un autre modèle économique.

La France qui travaille a le pistolet braqué sur le portefeuille. La colère qui s’exprime est totalement légitime. Elle doit être aussi l’occasion, pour relever le défi climatique, d’exprimer d’autres propositions pour une fiscalité plus juste socialement et plus efficace pour l’écologie : stopper la fermeture des lignes de train et développer le fret ferroviaire ; développer le transport public et sa gratuité ; taxer le kérosène qui ne l’est pas aujourd’hui, contrairement à d’autres pays ; imposer les profits des compagnies pétrolières comme Total et les sociétés d’autoroute ; revenir à la TVA 5,5% sur les transports en commun et les véhicules propres pour une écologie efficace et juste socialement ; création d’un impôt de solidarité pour la planète (ISP) via une contribution exceptionnelle des grandes multinationales ; renforcement du crédit d’impôt pour la transition écologique (CITE) ; et bien sur, l’augmentation des salaires et des pensions.

Il n’y aura pas de transition écologique réussie sans justice sociale. le samedi 17 novembre 2018 dans le Pays de Montbéliard, comme dans le reste de la France, tous dans la rue“.