Vincent Adami : « à la Saint-Valentin, le bac ne vaut plus rien »

Vincent Adami (photo Vincent Adami)

Vincent Adami, Conseiller municipal PCF/Front de gauche de la Ville d’Audincourt, s’exprime concernant la réforme du Baccalauréat :

« Alléger le baccalauréat : le Gouvernement enfourche un vieux cheval de bataille de la droite…. un de plus. Sous prétexte de modernité, il s’agit de franchir une nouvelle étape dans la construction d’une école du tri social. Monsieur Barbier, Monsieur Sommer, dans notre Pays de Montbéliard en proie à la désindustrialisation, au chômage et ou les difficultés sociales s’accumulent pour ses habitants et leurs enfants, voterez-vous cette énième forfaiture ?

Contrôle continu, parcours individuels… On ne cherchera plus à avoir le bac, mais à monnayer un bac : à chaque lycée sa cote, à chaque bac sa valeur. Les nouvelles épreuves envisagées privilégient plus que jamais les codes d’expression des couches aisées. Comment le service public d’éducation nationale pourra-t-il assurer la réussite de tous quand partout on manque de temps, de moyens et d’enseignants ? On fait en ce moment le compte des postes, des classes, des options supprimées. Des pans entiers de formation sont abandonnés au privé par le biais de l’apprentissage. Particulariser chaque bac, c’est autoriser chaque établissement à faire avec les moyens du bord, et sa formation, et sa sélection. Pour les élèves, c’est, à chaque étape de la scolarité, un tri injuste et anxiogène. Et qu’on ne nous parle pas de « mérite » ! Il suffit de se pencher sur les résultats des réformes précédentes – qui ont déjà introduit une dose de contrôle continu au baccalauréat et individualisé les parcours – pour constater que la sélection est sociale.

Dis-moi quel est ton bac, je te dirais quelle société tu veux. De la réforme du bac aux attaques contre le code du travail, Macron et son gouvernement construisent une société de concurrence généralisée. Privés de diplômes et de qualifications communes, soumis à la menace du chômage, les salariés de demain seront isolés face au patronat. Chacun pour soi et tous contre tous. Pour répondre aux défis de l’avenir de notre territoire, nous n’avons pas besoin d’ « alléger » l’éducation de nos enfants, mais au contraire de la rendre plus ambitieuse pour toutes et tous !

Dans le Pays de Montbéliard, nous avons besoin d’une école plus ambitieuse : une scolarité obligatoire prolongée jusqu’au baccalauréat, structurée par des disciplines cohérentes, valorisant et développant aussi bien la culture scientifique que les cultures littéraires, artistiques, sportives, techniques ou professionnelles, et préparant tous les élèves aux études supérieures. Dans le Pays de Montbéliard, nous avons besoin d’une école de l’égalité : un grand service public national construisant une culture commune à tous les citoyens de demain, et garantissant qu’une formation commune débouche sur une qualification égale. Dans le Pays de Montbéliard, nous avons besoin d’une école qui libère, non pas les initiatives privées des marchands de réussite, mais les aspirations de la jeunesse: une école au service de l’épanouissement personnel de toutes et tous, d’une participation éclairée à la vie collective, d’une maîtrise du travail permettant de mettre celui-ci au service de l’intérêt commun. Enfin, nous avons besoin d’un budget à la hauteur de ces ambitions : il est bien plus utile de recruter et de former des enseignants et des personnels de l’éducation que de supprimer l’ISF« .